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COELHO



Entretien :  Angèle Petrelli et Simon Bouillère
Images : Simon Bouillère
Paris, novembre 2024







Angèle : Sous le nom de Coelho, t’as sorti ton premier projet vers 2017 (Philadelphia), mais pourquoi tu considères “UNE HISTOIRE SANS FIN” comme ton premier album ?



Je le considère comme un album au sens contractuel du terme, avec l’argent que ça implique. Là, j’estime avoir une portée et une attente assez importante même si c’est encore du travail. Et puis cette fois j’ai aussi travaillé avec une équipe plus importante. Après oui, au niveau format musical, j’estime avoir déjà fait un ou deux albums avec “Vanités” (2018) ou “Un jour de moins” (2022), mais contractuellement, c’en était pas. Et puis je pense que ça aurait été trop tôt, je trouve qu’autour d’un album, il y a surtout une histoire d’attente, de marketing.


Simon : Qu’est-ce que t’entends par “contractuellement” ?


En 2017, quand je rencontre Tunisiano et Merkus, je signe un contrat d’artiste comme on en fait plus. Et en gros, j’avais signé pour un album plus une option sur un autre album, si le premier a bien marché. Le contrat évolue au fur et à mesure, et entre les albums “contractuels” on sort des EP. Mais avec le format EP c’est plus difficile de construire un vrai truc avec cinq morceaux qu’avec douze. 


S : Que ce soit pour un EP ou un format plus conséquent, tu réfléchis toujours à construire une œuvre assez homogène, en passant par plusieurs styles. Et aujourd’hui pour ce que tu considères comme ton véritable premier album est-ce que c’est parce que tu penses avoir fixé ton style ?


Je trouve ça terrible de se dire qu’on a un style un peu fixe. Ça voudrait dire que jusqu’à la fin de mes jours, je ferais seulement tel ou tel style. Ça n’arrivera jamais, parce que je continue d’écouter des trucs qui sortent, et tu t’inspires de ce qui sort en fonction de l’évolution des genres. Je trouve ça normal d’essayer d’autres choses parce que c’est là que ça devient excitant. Tu te mets en danger, tu découvres, tu t’améliores. Que je fasse des choses plus trap ou même indie par moment, j’estime avoir mon propre style sur ça, mon style d’écriture, mon style de topline, mon style de flow. J’ai pas l’impression de me perdre sur n’importe quel style et de partir dans tous les sens. Ce que j’aime faire c’est poser mon style sur d’autres genres musicaux.


S : C’était ça ma question, c’est que t’as des mecs en France, comme Hugo TSR par exemple, ou un Curren$y aux Etats-Unis qui font le même truc depuis dix ans et ça me dérange aucunement parce que moi je sais qu’ils excellent dans leur truc. Moi je les attends pour ça.


Ouais c’est comme si Jul demain il arrêtait de faire son truc. Je pense que les gens perdraient leurs repères. J’trouve qu’il y a des artistes pour qui c’est bien d’entendre un peu la même chose. Je pense à du Leto, du Guy2Bezbar par exemple, en club t’es bien content de les avoir. Et il y a plein d’artistes où pour le coup j’aime être surpris aussi. Une Little Simz, un Sampha, une Solange, Franck Ocean par exemple. Même Drake, pour le coup, ça peut être très régulier, mais pourtant on attend toujours qu’il puisse te surprendre. Kendrick pareil. Il y a plein d’artistes où on attend la surprise et quand on l’a pas, on est déçu. Je pense que j’ai plus envie de m’inscrire dans ces artistes là parce que c’est ce qui m’intéresse dans le processus de création. Refaire un peu ce que j’ai déjà fait ou ne plus avoir à me surprendre, ça m’ennuie et c’est surtout dans cet album où là j’avais vraiment envie de tester sans trop me perdre non plus. Mais tu vois, il y a pas beaucoup de trap sur l’album qui sort en janvier. Parce que même en essayant, j’ai pas pris de plaisir, je sentais que j’en avais pas envie.


S : Parce que t’as calmer Merkus (rires).


C’est ça, je te l’ai dis en off mais c’est ça (rires). Lui c’est un gros bousiller de ça et c’est ce qui lui manque, c’est ce qu’il avait envie d’écouter. J’écoute mon équipe parce que je peux comprendre. C’est pas des mauvais points de vue. Mais c’est à chacun sa musique en fait. Pour moi c’est pas ce que j’ai envie de faire à ce moment là, je ne vais pas me forcer à écrire sur des idées, ou des thèmes qui ne me correspondent pas. Et tu vois souvent la trap que j’aime c’est la trap bien brute, juste pour flex genre Latto, Glorilla, ou Megan (the Stallion), qui parlent que de leurs ex, et comme quoi c’est les meufs les plus fraîches. Mais moi, je ne peux pas écrire ça (rires). 


A : Est ce que dans cet album, tu considères que t’as pris des risques et que tu vas aller dans une direction où ton public ne t’attends pas ?


Moi je pense que oui, mais je dirais pas ça pour tous les morceaux de l’album non plus. Je pense que si t’es là depuis 2017/2018 tu seras moins surpris. Parce que je ne fais pas que des trucs que j’ai jamais expérimenté. Par exemple j’ai toujours testé des choses en musique acoustique avec mon frère. Il y a deux morceaux où, là pour le coup, j’ai l’impression de prendre des risques. C’est “Comme les autres” et “Ta vie, ma vie”, qui sont des chansons pop. Il y a une grande partie de mon public qui est arrivée l’année dernière en me découvrant avec un projet totalement différent et qui ont quand même réservé un bon accueil au nouveau single en mode piano/voix. Ils seront autant surpris que je me suis surpris à le faire, et j’estime avoir eu peur sur quelques morceaux. 


A : Et alors pourquoi t’as choisis de teaser ton album avec “Les enfants mentent” ?


En fait, je crois que je le trouvais assez dur, disons dans la création et assez vieux par rapport aux autres morceaux car il date de 2022. C’est un morceau que j’aurais pu mettre dans le projet d’avant mais que j’ai choisis de ne pas mettre parce que je le trouvais trop écrit, ça ne correspondait pas au projet. J’avais l’impression de gâcher le titre à le mettre dans un dans un EP où il n’y a pas d’ambiance globale. Ce morceau il regroupe un peu tout ce dont je parle dans l’album, il donne le ton. Cover et clip je voulais faire ça avec mes gars, je voulais boucler une boucle. C’est ceux avec qui j’ai commencé la musique quand j’étais ado, mes potes, mon grand frère et ses potes. 


A : Visuellement t’as voulu faire quoi ?


Un jour je me pose avec François Chatain, réalisateur nantais avec qui j’ai fait pas mal de clips par le passé, et je lui dis que ça me saoule de réfléchir à des visuels qui coûtent souvent beaucoup d’argent, qui ne me plaisent pas forcément. Alors on s’est dit que chaque visuel allait être un bon moment de vie, un bon souvenir. C’est là que j’ai aussi fais appel à mon gars Ulysse, réalisateur plutôt dans le doc et le sport extrême, capable alors de saisir des moments de vie. Et donc l’argent du premier clip m’a servi à payer les billets de trains pour mes potes pour qu’on se retrouve quelques jours à Paris. Au moins ça saisit une partie de ma vie que ma musique raconte. Ça permet aussi de décentrer le regard, ce n’est plus juste moi seul face à une caméra. Ça célèbre les amis qui m’entourent. On aussi fait un autre clip à Nantes où j’ai dis en story à celles et ceux qui veulent apparaître dedans de venir en ville. Et l’autre clip qui sort en décembre c’est pour un frérot qui n’a jamais vraiment voyagé, fan des USA, complètement bousillé de la musique de là bas. Très au courant de ce qu’il se passe aux states il ne va pas forcément connaître Aya Nakamura tu vois (rires). Donc l’argent on l’a mis pour un voyage de six jours à New-York, pour ce frérot et quatre autres. C’était une dinguerie, le clip raconte ça. Et ça permet de raconter d’autres choses que ne raconte pas forcément ma musique. 





A : Et la cover ?



Alors elle a été shooté par Sarah Makharine, et l’idée finalement c’était de représenter ce qui va bien alors que dans ma musique je raconte souvent le contraire. 


S : Quel est ton rapport à Nantes aujourd’hui ? Parce que ça fait plusieurs projets que tu représentes cette ville qui a du mal à décoller niveau rap, et maintenant t’es sur Paris.


Ouais Nantes niveau rap c’est compliqué. Je me rappelle que vers 2012 on avait un collectif avec des potes (Wassup), on organisait des soirées rap et techno, et déjà à cette époque on voyait bien que la techno ça ramenait plus de monde. Et toutes les années où j’ai pu vivre à Nantes il y avait un événement par an c’était le festival Hip’opsession, souvent avec une direction qui ne me correspondait pas, et qui prenait beaucoup d’espace médiatique. Des fois c’était eux contre nous, même si ils nous invitaient de temps en temps. Et aujourd’hui il y a l’asso Krumpp et ça n’a plus rien à voir. Ça permet de mieux structurer la scène grâce notamment à leur studio ou au Boomin Festival. Il y a aussi le studio d’Atma et Akazera. Et plus généralement toutes les salles de concerts se mettent vraiment au rap. Par exemple aujourd’hui Toulouse a réussit à bien fédérer le rap avec mon pote Warend ou même ce que font Bigflo et Oli. C’est peut être ce qu’il manque toujours à Nantes, une grosse tête d’affiche, un gros rappeur solo. 


S : Dans ton nouveau projet il y a un morceau que tu dédies à Nantes, que tu personnifies, t’en parles comme d’une rupture.


En fait je pense que je l’ai écrit à une période où justement j’étais en train de me dire qu’il fallait vraiment que je me taille et que j’avais fait mon temps. Quand je faisais des aller-retour sur Paris et que je rentrais sur Nantes j’avais vraiment l’impression n’avoir rien à y faire. Ça me tuais dans mon énergie. L’impression de stagner et d’avoir envie de vivre autre chose, même si Nantes ça reste la maison. Il y a la famille, il y a les frérots, il y a des gens avec qui je continue de travailler comme Juxe (ingénieur du son chez Krumpp Studio). Donc c’est pas du tout une critique de Nantes. Et encore une fois, il n’y a pas que des choix par rapport à la musique, c’est aussi personnel, jusque là j’avais jamais habité ailleurs qu’à Nantes. 


S : Pour beaucoup d’artistes le passage par Paris est vu comme obligé, t’as pas peur de perdre quelque chose en allant là bas ?


Non, je pense que vu que je ne suis pas arrivé ici très jeune, ça fait que je me suis construit autrement et d’être ici ça ne devrait pas me changer fondamentalement même si on change tout au long de notre vie. C’est pas, tu vas à Paris tu deviens parisien. J’ai du recul, je sais que c’est une ville attrayante où tu peux sortir tous les soirs et peut être te perdre facilement. Même, j’ai déjà fais ce genre de soirée réseautage et ça me parle pas, rien à foutre d’être copain et poli avec tout le monde. Et même rien à foutre de se montrer dans ce genre de soirée au lieu de bosser vraiment. Voilà, être ici ça me permet juste de bosser, de me connecter avec plus de gens. Je ne suis pas là pour devenir un parisien. 


S : Ça me fait penser à ce que tu développes dans ton morceau “Comme les autres” …


Dans ce morceau je prends justement des exemples de quand on est plus jeune, quand t’as pas encore fixé ta personnalité, que t’as envie de plaire au groupe. Même si je ne dis pas que c’est quelque chose totalement effacé maintenant, forcément quand t’arrives à une soirée par exemple tu continues de t’adapter au groupe. Mais voilà aujourd’hui j’ai 29 ans, je sais à peu près qui je suis. Mais sûrement que si j’étais arrivé sur Paris plus jeune ça aurait été plus dangereux pour la personne que j’ai envie d’être. 


A : Et alors là, musicalement, pour ce nouveau projet t’as pu travailler avec d’autres gens que ton frère ?


Sur tout le disque mon frère est présent, mais il n’a pas forcément la même place qu’avant. Avant il faisait vraiment tout : mélodies, drums, arrangements. Mais cette fois il s’est surtout focus sur les mélodies et il a beaucoup rejoué certains éléments de prods. Il fait toujours partie de mon identité musicale. Cette fois ci une autre personne qui a eu beaucoup d’importance c’est Juxe mon ingé son qui a aussi bossé sur des prods, aussi à la réalisation et évidemment au mix. Il a beaucoup de talent et je lui fais confiance à fond. J’ai aussi travaillé avec Alexis Delong, un gars de Nantes, mais qui habite à Paris depuis longtemps. Il est plutôt dans la pop et l’électro, il a principalement produit l’album de Zaho de Sagazan. Il fait anciennement partie du groupe Inuït, qui maintenant bosse énormément avec Zaho. On a fait pas mal de morceaux ensemble et j’ai surtout gardé le morceau “Dans tes rues”. Il est aussi repassé sur l’intro qu’avait fait mon frère, en utilisant des synthés modulaires et c’est trop fort. J’ai vraiment envie de continuer de bosser avec lui sachant qu’il était déjà apparu sur l’album Vanités que j’avais sorti en 2018. J’ai aussi fait appel à Seezy pour des morceaux un peu plus trap. Il y a aussi Zeg P qui est venu sur un morceau. Et pour les morceaux où comme je te disais je me sentais en danger, je suis allé voir des gars que je ne connaissais pas, c’est Blaise et Mounir, des beatmakers plus âgés que moi avec beaucoup d’expérience. Ils ont fais des gros tubes qui ne me parlent pas forcément mais du coup c’est marrant de bosser avec des gens avec qui tu ne sais pas du tout ce que tu vas faire. Ils ont pas mal produit du Vitaa par exemple. On a fait “Ta vie, ma vie”, le morceau je pense le plus pop de tout l’album, que j’ai fait rejouer par mon frère et Juxe parce que j’avais besoin de vraies guitares, de vraies basses. Je suis aussi allé voir Nazimfaitdeschansons qui a bossé avec Kenji Girac, et c’est là que je me suis encore plus dit qu’on est dans cette pop. Super intéressant de voir comment un gars de ce style de musique bosse, il m’a proposé des toplines, on a un peu co-écrit et ça a donné un morceau que je n’aurai jamais fait tout seul, c’est le morceau “Comme les autres”. Et pareil le morceau je l’ai fait rejouer par mon frère et Juxe. Là je parle des morceaux qui sont dans la tracklist mais pendant le processus j’ai vu encore plus de gens que d’habitude, genre Chapo ou un guitariste qui s’appelle Lewis.


S: Comment ça se passe avec Mezoued Records, c’est toi qui dis avec qui tu veux bosser ?


Alors maintenant avec le label de Tunisiano on est en co-production car j’ai mon label : Mayr Society. Je ne dirai pas qu’il intervient beaucoup avec les gens avec qui je veux travailler, mais par exemple il m’a fait rencontrer Nazim. Mais c’est quand même à ma demande, j’avais entamé ce chemin vers la pop, sur quelques morceaux qui ne sortiront jamais. Et eux ils étaient en mode “ok si tu veux aller là dedans, ça serait cool d’essayer avec untel”. C’est donc comme ça que j’ai été connecté avec Nazim, Mounir et Blaise. Mais globalement je bosse avec des gens que je capte en direct, tout part de moi. 



A : Et pareil quand tu bosses un featuring, par exemple pour Olema, Ruthee ou Warend ?


Pour Oléma c’est Neefa qui m’avait envoyé son projet que j’avais trouvé chaud, elle a une voix super envoutante. Et c’est ce genre de voix que j’avais en tête pour l’intro, donc je l’ai appelé, et à la suite de ça on s’est vu plusieurs fois et ça a donné un morceau. Sinon Ruthee c’est une artiste que je connais depuis deux ans, on s’est rencontré en vrai pendant la fête de la musique à Camino à l’été 2023. Je voulais absolument qu’elle vienne chanter sur mon album. Et à la base le morceau sur lequel elle est ça n’allait pas du tout avec elle, c’est donc là qu’on est allé vers un morceau plus alternatif/rock, même presque folk qui sublime encore plus sa voix. Sinon pour Warend, c’est le frérot donc ça faisait plaisir de pouvoir l’inviter sur un titre. Par contre on ne fait pas la même musique donc au départ je ne savais pas quel type de morceau lui proposer, mais il a bien réussi la mission. 


A : Ça t’es déjà arrivé de collaborer avec des artistes et finalement ça ne colle pas ?


J’avoue j’ai tendance à être relou, à faire de la musique tout seul. Nantes m’a habitué à être en cercle très réduit. En plus, démarcher par DM avec des gens qui sont pas les frérots de Nantes j’aime pas. Pour collab faut que la rencontre soit naturelle, qu’on soit ensemble en studio. 


A : Quand t’écris des morceaux tu penses forcément à la scène ?


Quand j’écris non, mais plus lors de la construction de l’album. Pour moi c’est plus la forme que le fond qui importe pour le concert. Faut trouver un équilibre, faut être capable de faire un album qui ne taperait pas ou ne serait pas mou tout un concert. J’ai construit un album avec des hauts, des bas, de l’émotion, du divertissement. 


A : Pour les sonorités indie / pop, t’as des artistes qui t’ont influencés ?


Je regarde un peu mes titres likés mais ouais il y a eu du Drake, du Partynextdoor, ça part un peu dans tous les sens. Sinon pour l’indie / pop c’est un truc que j’écoute depuis plusieurs années. Des Bakar, des Fousheé, des Fred Again. Mais difficile d’en extraire certains ou certaines plus que d’autres car j’écoute du son tout le temps. 


S : Je voulais revenir sur la question du temps, sur le fait que tes projets jusque là parlent du chemin parcouru ou à parcourir, tu la places où l’arrivée ?


Je pense qu’on veut toujours plus. On veut toujours faire les meilleures stats. Pour moi déjà l’arrivée elle serait à faire des certifs, remplir des stades. Mais c’est déjà une arrivée de remplir n’importe quelle salle. Si tu tournes, si t’as un public, si t’en vis, c’est déjà une réussite même si on se souhaite toujours plus. En vivre c’est le principal, on l’oublie presque, moi je me dis des fois que c’est quand même une dinguerie que j’en vive. On oublie qu’avant fallait qu’on travaille, fallait qu’on soit livreur. Aujourd’hui j’ai plus ces problèmes. Pour avoir fais plein de métier à côté je comprends que le chemin est difficile d’organiser son emploi du temps avec sa passion. Maintenant je peux penser qu’à la musique. Mais j’ai encore envie d’avoir des conditions encore plus bonnes.    


S : Des fois j’ai l’impression que tu places ton arrivée au niveau de la notoriété …


Oui forcément, t’façon on ne peut pas mettre autant de choses en œuvre pour être vu et ne pas dire que ça ne compte pas. Mais je ne parle pas de la notoriété d’être invité partout, d’avoir des sappes. Je parle de la notoriété de remplir des salles avec ce que t’es, ta vision artistique. Je l’ai vu pour Vald quand on avait fait la tournée avec lui, d’être dans le tour bus avec ses frérots tout ça, c’est ce que je me souhaite. J’ai envie d’aller le plus loin possible avec ma musique. 


A : Toute cette thématique tu la développes beaucoup dans “La vie est plus belle”, après une longue et lente progression, t’as pas toujours peur que ce chemin déjà parcouru disparaisse ?


Tant que t’as de l’argent ça rassure, même si je n’en ai pas énormément. Mais c’est toujours angoissant car rien n’est sûr, quand t’annonces une nouvelle date de concert par exemple, faut la remplir ensuite. Je ne suis pas un Gazo ou un Tiakola, moi je suis encore dans la catégorie où quand tu sors des dates c’est un pari. Tu t’exposes à l’échec, ou plutôt de ne pas arriver aux objectifs que tu t’étais fixé. Mais faut tenter. Là on sort un album, on annonce une Cigale, on essaye de le faire avec toute la confiance qu’on a en nous. Le reste c’est le public qui décide, c’est stressant car on n’a plus de contrôle sur ça. 


A : D’où ton morceau “Maintenant ou jamais” …


Si ça prend pas là, après l’exposition que je me suis pris grâce à Nouvelle École, bah… on a presque tout essayé. Mais en même temps je continuerai quand même. Maintenant ou jamais mais finalement pas vraiment. Tout ce qu’on contrôle faut qu’on le gère à fond pour ne pas avoir de regrets.