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FAMILLE NOMBREUSE
Entretien et images : Simon BouillèreAnnecy, novembre 2024
Simon : Bon c'est vous qui avez écrit les répliques de Mokobé dans le doc sur DJ Mehdi ou quoi ? C’est quoi le problème du rap avec les Beatles ?
Honey : (rires) Il faut lui poser la question à lui, peut être qu’il nous a écouté.
S : Quand vous dites “J’en ai rien à foutre du jazz putain j’sais même pas c’est qui les Beatles” ça me fait penser au fait que certains artistes rap ont besoin d’affirmer vouloir faire table rase d’une culture dictée et validée par les anciennes générations, ou faire une pied de nez aux médias qui trop souvent ont eut besoin de relier les rappeurs à des artistes qu’ils valident du genre “untel est le nouveau Brel”.
Fuego : Pas forcément faire table rase. Le truc sur les Beatles c’est juste pas trop ce qu’on écoute. Perso j’écoute pas la musique de mes parents. On revendique surtout le rap parce qu’on fait quand même une musique très référencée. On le revendique sans dire qu’il faut oublier ce qu’il y a avant notre culture.
H : J’suis d’accord. Nous on s’affirme comme le pont entre ce qu’il s’est passé avant, surtout dans le rap et ce qu’il se passe aujourd’hui dans ce qu’il y a de plus actuel.
F : Et pour revenir sur les médias mainstream qui comparent genre “est-ce que Gims est le nouveau Johnny” perso ça ne me touche même pas parce que je ne les écoute pas. Télérama même pour ce qui est conseils cinéma je ne les lis pas. Et même les médias spécialisés rap souvent ils ont des propos bancals alors si tu vas chercher des infos chez des généralistes mieux vaut ne pas s’y intéresser.
S : Ça me fait aussi penser à ce que disait Raphaël da Cruz dans un podcast. Il disait ne pas avoir aimé comment un média rap comparait la musique radicale de Chief Keef à de l’art brut, alors que l’art brut ça a été défini être fait par des personnes en marge de la société, généralement des malades mentaux qui n’avaient pas conscience de faire de l’art. Vous mentalement ça va ?
H : Ouais ça va même si on est totalement déjantés.
F : Complètement conscients d’être déjantés.
H : Mentalement c’est même la frime au max. C’est la suite logique du shit-talk comme on aime le dire, alors que beaucoup de gens voient ça comme un truc de malade mental.
F : Même si je pense que Chief est mentalement atteint.
S : Parfois j’ai l’impression que votre musique est en même temps assez nihiliste et en même temps bourrée d’hommages à tout va. Vous croyez en quelque chose ?
F : On croit en Dieu et au rap, après pour le reste on est complètement gogols.
S : La dimension grotesque que vous maîtrisez parfaitement elle vous vient d’où ?
H : Tout ça on l’aiguise au studio.
F : Ici c’est le WWE de l’humour. On a été influencé dans le rap et hors du rap. On se revendique comme les “Jackass du rap”. On a grandi avec cette culture de la vanne donc c’est tout naturel de rapper comme ça. Ce qu’on revendique dans notre musique c’est aussi ce qu’on est réellement.
H : Je pense qu’on impose la vanne dans le rap alors que jusque là ça se faisait très mal. Ça nous vient de la culture dans laquelle on a choisi de performer, le “scam rap”, le “shit-talk”. Ça vient aussi de quelqu’un comme Rio (da yung og) qui nous a montré la voie. On est aussi toujours entouré de notre bande de potes avec qui on se vanne à longueur de journée donc pour nous c’est logique de s’inscrire dans ce créneau. Encore une fois sans être des humoristes.
S : Donc si je comprends bien, alors même que vous évitez tout anglicisme et que votre sens de la formule reste très français, pour l’humour vos références sont américaines ? Ou bien vous avez aussi des références, j’sais pas, en stand up français par exemple.
F : Totalement américaines mais on a aussi écouté Neochrome avec des références bien franchouillardes avec des rappeurs comme Alkpote, 25g ou Seth Gueko. On est aussi influencé par le Roi Heenok avec le fait de respecter la langue française, de ne pas tomber dans le jeu des américains. Et aussi parce que moi je parle très mal anglais donc je suis 100% moi-même quand je traduis “hot dog” par “chien chaud”. Pour ce qui est des comédies on est beaucoup dans des références afro-américaines.
H : Sinon pour le stand up il n’y a aucune références. Bien sûr qu’il y a des artistes qu’on kiffe mais nous ça reste écrire pour rapper, c’est pas juste écrire pour faire rire. Et même le fait qu’on écrive pas vraiment, c’est ce qui nous permet de rester spontané.
F : Et le rap trop souvent dès que c’est marrant c’est vite perçu comme parodique. Par exemple Ludacris c’est ouvertement marrant mais techniquement rap très sérieusement.
H : Même si Eminem n’est pas une ref pour nous, il a toujours joué ce côté drôle mais il est aussi considéré comme le meilleur rappeur en vie par certaines. Notre second degré est très sérieux.
S : Le fait d’être politiquement clair sur vos positions c’est peut être aussi ça qui vous fait échapper au troll. Mais pour aborder ces questions là est-ce que le filtre de l’humour est toujours important ? parce que je sais bien que vous êtes plus Alpha 5.20 que Kery James…
F : Pour moi le rap politique a pu être important même si ce n’est pas quelque chose que j’écoute beaucoup. Et la façon dont Alpha parle de politique pour moi ça a été plus marquant que la façon d’en parler de Kery. C’est plus marquant pour moi les interludes d’Alpha où il dit que Sarkozy peut pas être président parce que sa femme le trompe.
H : Pareil avec un Roi Heenok qui parle beaucoup beaucoup politique avec la fascination qu’il a pour la richesse des présidents. C’était marquant quand il disait que la plus grosse des racailles ou le plus gros pimp c’était Sarkozy.
F : Après en amont on ne pense pas au prisme de l’humour quand on doit parler politique, on ne va pas faire comme Eminem un morceau de quatre minutes sur pourquoi faut pas voter Bush. Pour nous l’humour vient tout seul quand il doit venir. Et même si y’a le prisme du second degré on pense ce qu’on dit.
S : Mais alors depuis Annecy comment vous tomber dans cette culture américaine du Sud ou de Détroit ?
H : Ça vient de nos entourages, de nos grands frères. Et au fur et à mesure tu fais ta propre bibliothèque son. J’suis tombé dedans avec Lil Wayne, mais finalement un peu tout seul quand même. Et tout ce que je fais c’est un hommage à lui. Et sinon la rencontre avec Fuego qui m’apporte sa culture son.
S : Donc vous tombez directement dans le Sud américain, parce que je sais que moi même si je suis buté de rap US, je tombe dans cette culture avec les cd de mon père genre Arsenik, Iam…
F : En France moi c’était NTM et aux US, pas directement le Sud parce que j’étais dans Fifty. C’est New York mais c’est pas non plus New York froid.
H : Moi mon père c’était beaucoup Iam. Et sinon ma culture c’est fait avec les chaînes de l’époque qui diffusaient du rap.
F : On a toujours aimé les flambeurs. Fifty c’est le premier. On est aussi des enfants des années 2000 donc c’est logiquement le rap MTV. Après placer les rappeurs sur la carte des USA quand j’étais plus jeune c’était pas évident, c’est quelque chose qui viendra plus tard. Le Sud c’est Fifty qui me permet de le relier avec G-Unit et leurs collabs sudistes, sinon Dipset avec Master P aussi. Mais dès qu’on a compris les sonorités, comment ça bounce tout ça, les plus Zi c’est les Zi du Sud.
S : Moi qui suis aussi fanatique du Sud, quand j’étais plus jeune et que je découvrais ça j’avais personne avec qui le partager, et limite mes potes pour ça ils étaient sur internet. Vous avez ressentis le même truc ?
H : Ouais moi Lil Wayne quand j’étais petit c’était mon superhéros, en plus il featait avec la terre entière, donc c’est lui qui m’a éduqué. Et donc j’avais pas besoin d’avoir des vrais gens autour de moi pour me montrer plein d’artistes. Mais sinon bien sûr mon pote azbdn on partage pleins de références communes.
F : C’est ça aussi internet, c’est un truc d’autodidactes. Moi je kiffais Fifty, j’allais sur des Skyblogs Fifty pour trouver des infos tu vois. Même, j’allais pas chez le disquaire. On est des kids des années 2000 donc on recrache tout ce qui nous à bousillé à cette époque.
S : Dans votre morceau “Texas Français” ce qui fait plaisir c’est le recul que vous avez sur cette culture américaine pleine de fiction à laquelle on se butte. Vous assumez le fait d’être dans cette culture tout en sachant qu’on y est fondamentalement étranger aussi.
F : Bien sûr, même si dans ma tête j’ai l’impression d’être un américain. Comment j’me fringue c’est cainri, c’que j’écoute c’est cainri, ma culture ciné c’est cainri. On se sent vraiment comme les texans de la France.
H : Ici y’a des débrouillards, des multimillionnaires, y’a les mêmes champs, y’a les mêmes vaches, y’a juste moins de pétrole et de sirop pour la toux. Tout en ayant conscience de notre réalité alors que certains nous disent qu’on fait trop les ricains et qu’on oublie notre passeport français. On sait où on se situe, c’est aussi pour ça qu’on évite les anglicismes.
S : Et les français qui font un peu trop les américains premier degré vous en pensez quoi ?
H : Franchement c’est aussi un truc que j’aime, les rappeurs français qui se disent être des “slimes”, qui jettent des signes de gangs, tout ça c’est aussi ma came. Et tu sais Jim Jones il disait qu’il y a des bloods partout, et que les bloods se sont pas rendus compte que leur culture s’est exportée partout, en Afrique, au Canada… Nous on se sert de cette culture américaine, mais on connaît aussi les limites, on gangbang pas comme au Texas.
S : Vous êtes déjà allé là bas ?
F : Dans mes rêves ouais.
H : En même temps on y est allé plein de fois avec youtube tout ça.
F : Mais moi un jour j’veux goûter cette amérique, j’veux la sentir. On veut graille comme des américains. J’sais qu’aujourd’hui y’a moins ce truc de rêve américain, mais perso il est toujours dans ma tête. J’veux voir les burgers xxl, j’veux goûter leurs sodas qui donnent le cancer. J’veux goûter avant d’être dégouté.
H : Et toi alors t’as envie d’aller là bas ?
S : Je connais un peu, j’y suis allé plusieurs fois quelques mois, notamment dans le Sud, normalement j’ai un livre qui va sortir à ce propos. Mais on déchante vite, et le Sud c’est vraiment dur, la pauvreté c’est pas la même qu’ici. Enfin bref, sinon vous, vous avec cette envie de collaborer avec des américains ?
H : Ça tombe bien que tu dises ça parce qu’on est à un moment après le fiasco Gazo x Offset, et j’ai vu aussi des interventions qui sont ressortis genre d’SCH qui désirait pas ça du tout. Mais nous c’est tout l’inverse.
F : Nous on veut faire comme Raekwon et Ol’Kainry, en allant vraiment là-bas parce que lui il a vraiment été jusqu’à Staten Island pour le rencontrer. Et Raekwon pour un concert en France il a fait le morceau avec Ol’ donc pour moi c’est ça un vrai feat.
H : On a déjà été en contact avec des artistes de Détroit. Mais après on sait que les américains c’est l’argent, et pour le moment, surtout si l’investissement est que dans un sens, on préfère mettre cet argent ailleurs. La plus grosse opportunité qu’on ai eu c’est Peso Peso, mais pareil c’est instable, il demandait 500 je crois, et surtout il demandait d’envoyer ça d’abord.
F : Nous aussi ce qu’on aime c’est la compétition, mais quand tu poses avec des américains c’est moins ça, jamais un américain va t’envoyer les couplet de sa vie.
H : Après nous on aimerait que notre musique s’exporte là bas, parce que comme on dit dans un son, on a croisé des mecs du texas qui ont cru qu’on était des mecs du texas.
S : Pour le moment vous avez un ancrage local fort…
F : Mais oui merci, parce que dans beaucoup d’interviews qu’on a fait jusque là on nous dit qu’on cache d’où on vient tout ça alors que pas du tout. On le revendique à mort. Demain on va à panam on est pas des parisiens, nous on reste annéciens, y’a une grosse culture rap ici avec des gars comme Luni Sacks par exemple. Avec la culture skate aussi ça fait qu’on rap pas comme les autres, même si c’est petit je suis persuadé qu’il y a un son de chez nous. Limite faudrait faire comme à Marseille, un gros son qui fédère tous les artistes de chez nous, ce serait le vrai Texas Français.
S : Cet ancrage c’est le studio qui vous le permet ?
F : Ouais ça fait maintenant trois ans que le Royce Studio existe, Honey il est ingé son/beatmaker ici. Mais à part ça la ville elle ne fait rien pour nous. Avant ça évidemment on avait chacun notre home-studio pour lesquels on travaillait des six mois pour se payer le matos. Si on est ancré ici c’est parce qu’on est des débrouillards.
H : Et l’ancrage il part de là, de cette revendication qu’on fasse tout nous même. D’autant que ouais la ville est complètement désintéressée, culturellement c’est nul, la population est vieillissante.
F : La Venise des mes couilles. Et nous aussi on croit à ce que chaque ville en France ramène son style musical propre, comme aux US. On a quelque chose à dire, mentalité Outkast.
S : Vous qui vous inspirez beaucoup du rap de en ce moment Détroit, vous vous voyez faire que ça et être des experts dans ça comme un Rio ou pas ?
F : La musique évolue et évoluera toujours, mais le propos non. Déjà entre notre projet “Les Oubliés” et le prochain “Je ne sens plus mon visage” on voit l’évolution.
H : Complètement, le shit-talk évolue, les prods aussi. Il faut être à la page mais bien sûr on essaye aussi d’avoir une ligne, d’imposer un truc.
F : Même si nos références anciennes sont toujours des références aujourd’hui c’est qu’il y a des choses qui restent, et le fond de notre musique aussi c’est qu’on restera des enfants des années 2000. Par exemple les Icewear et autres disent qu’ils sont l’évolution des Juvenile et autres. Y’a que la forme qui va évoluer.
H : On est aussi surtout ouvert à l’évolution de notre créneau, on ne va pas non plus s’éparpiller en faisant de la rage.
S : En France je vois qu’il y a une scène Détroit, est-ce que vous voyez qu’il y a un intérêt des maisons de disques ou bien vous êtes encore dans vos coins ?
H : Bien sûr on nous approche, on est ouvert aux discussions, on vient pas de la culture Cash Money pour rien. Et bien sûr si demain on a plus de moyens peut être qu’on fera des projets plus aboutis, mais pour le moment ça va on se débrouille bien nous même. On prend notre temps.
F : Aussi les gars qu’on écoute c’est tous des indés donc on attend pas non plus qu’on vienne nous dire quoi faire, comment nous développer. On a un plan. Ça va faire aussi plus de dix piges qu’on rap, c’est pour ça qu’aujourd’hui on est précis. Famille Nombreuse c’est aussi un univers au delà de la musique, comme Star Wars ou Master P on veut des figurines à nos effigies, faire des films, poser pour des marques.
S : Vous réfléchissez tout à deux ? C’est un gros cerveau et deux corps ou un corps et deux gros cerveaux ?
H : C’est deux gros cerveaux et un corps bien sûr.
F : Même plus jeunes on se disait 1+1=3. Y’a une troisième personne qui est le fruit de la fusion des deux.
H : Deux cerveaux en discussions, en contradictions aussi.
F : On peut se bloquer pour des envies solos si ça ne parle pas à l’un car ça reste l’image de Famille Nombreuse. Ce qui éclot c’est toujours ce qui parlera aux deux.
H : Nous on a vraiment grandis tous les deux, c’est pas forcément le cas de tous les duos, donc c’est fluide. Et les projets communs prennent aussi toute notre énergie, donc pas trop le temps pour les solos.
S : Niveau prods, ça se passe principalement avec des gens d’ici ?
F : Pas seulement, même si on a deux producteurs attitrés de chez nous : Azbdn et Decembrrr.
H : Mais par exemple pour “Je ne sens plus mon visage” ça sera un gros projet de collaborations avec plusieurs beatmakers de partout.
F : C’est un projet de remixs, comme ce que t’entendais tout à l’heure avec “I Miss My Dawgs” de Lil Wayne. On a fait le tracklisting de ce qu’on voulait remixer, et après on a demandé à plusieurs beatmakers de se positionner sur des remixs. Le mot d’ordre pour les beatmakers c’était “retape la prod comme si t’étais au stud avec Weezy aujourd’hui”. Et on est pas allé chercher à remixer des sombres sons de l’underground de Memphis, on a choisi des sons assez connus, Birdman, Juelz Santana…ect. Même si certains de nos auditeurs ne capteront pas le morceau d’origine, c’est ça qu’on trouve cool aussi.
S : Et vous avez envie de faire plus de projets seulement produits par un beatmaker comme ce que vous avez fait avec Slime Castro ?
H : Slime Castro c’était particulier parce qu’on avait pas forcément calculé le fait de faire un projet qu’avec lui, c’est juste qu’il nous a envoyé un pack de prods et on a tout trouvé chanmé.
S : Et pour revenir à l’ancrage local, c’est vrai qu’on est pas trop loin de Besançon, de Butter Bullets, elle se passe comment la connexion ?
F : Franchement gros bisous à eux. Tout s’est fait virtuellement, on s’est rencontré qu’une fois, c’était pour le freestyle La Cassette.
H : Nous on arrive là bas, on fait ce qu’on a à faire, et après on se retrouve à discuter avec Sidi qui nous propose directement de faire quelque chose. En toute humilité on a pas osé faire les opportunistes mais on avait qu’une envie c’était qu’on fasse un truc ensemble.
F : Clairement c’est des gens qu’on a écouté, notamment parce qu’on a aussi été des auditeurs d’Alk. Et c’est parce qu’on écoute du rap sudiste que Butter Bullets ça nous parle. Et j’sais qu’on a un autre truc en commun c’est qu’on kiff Raekwon. Franchement gros big up à lui car il parle beaucoup de nous, y’a plusieurs personnes qui sont venues vers nous grâce à lui.
H : On espère que la collab va continuer.
S : C’est quoi l’état d’esprit dans lequel vous êtes pour le freestyle La Cassette ?
F : Nous c’est la compétition. On nous appelle le matin même pour y venir, mais moi je taff donc je me dis que c’est mort. Donc j’appelle mon patron pour lui dire que je viens pas, on file à la gare, à deux minutes on loupait le train. On est arrivé en retard, mais on a fait ce qu’on avait à faire. On était pas en mode “non on va pas prendre le micro parce qu’il y a Grodash, Sidi”, on était déterminé à cramer ça.
H : Et pour nous ça a donné un moment inoubliable. D’autant qu’on sera sur le vol. 2 de La Cassette.
S : Vous avez Aketo, en face de vous, posé comme un tonton, attentif au max et tu vois qu’il capte le truc.
F : Ouais par exemple son projet “Cracheur de venin” ça m’a fait me rendre compte que je savais pas que lui venant de Sniper c’était un bousillé de Three 6 Mafia, et du Sud. Du coup c’est logique qu’il capte ce qu’on fait et ça fait plaisir.
S : D’autant que dans un entretien récent j’ai bien aimé le fait qu’il dise que quand il traîne avec la nouvelle génération de rappeurs il n’est pas du tout dans un état d’esprit de daron qui aurait des leçons à donner, mais qu’il est là pour apprendre des jeunes.
F : Bien sûr, ça se voit que c’est un véritable auditeur, dans cet entretien il dit même que le truc qui l’a le plus choqué dernièrement c’est PNL, alors qu’il fait partie d’une génération de gens dont beaucoup disent qu’il n’y a plus de bon rap. Bien sûr si t’arrêtes de digger et que tu écoutes que ce qui est mit en avant par les médias tu trouves que tout est flingué.
S : Ce freestyle c’est un marqueur important puisqu’on voit même qu’en commentaires y’a déjà un petit lobbying Famille Nombreuse.
F : C’est vrai ça, pendant quelques temps on a été les stars de tweeter.
S : Même si c’est un faux débat, qu’est-ce qu’on dit à nos potes qui kiff pas quand ça rap pas dans les temps ?
H : Rendez-vous sur “Je ne sens plus mon visage”.
F : Si ce genre de rap vous dérange l'oreille, ça veut dire qu’il y a une grosse partie du rap que vous n’avez pas écouté.
H : Il faut juste comprendre la créativité, la recherche.
F : Il faut toujours apprendre les règles, comprendre les règles et s’en détacher. Nous on écoute des gens qui ont décidé d’être off-beat. Un gars qui est off-beat parce qu’il ne sait pas rapper on le capte direct.
H : Le rap il faut comprendre aussi que ça fait longtemps qu’il existe, et pour moi ce qui différenciera toujours les rappeurs entre eux c’est le flow. Le flow c’est perso. Aujourd’hui nous on adore TH, ou même à l’ancienne un Jeune LC, parce qu’ils ont un flow bien à eux. Nous on veut juste être nous-mêmes.